Pâques

Pâques est une fête très populaire en France et tous les enfants adorent participer à la chasse aux oeufs. Si La Pâque est née d’une tradition juive, puis est devenue la plus populaire des fêtes chrétiennes, elle est aussi le symbole du printemps et l’occasion de se retrouver en famille. Chaque année, la date de Pâques est calculée à partir du premier dimanche après la première lune du printemps (le 21 mars). Elle tombe donc entre le 22 mars et le 25 avril. En l’occurrence, pour cette année 2019, les dates sont le 21 et 22 avril. Souvent organisée le dimanche de Pâques, de nombreuses villes, écoles et associations organisent l’événement le plus prisé des enfants : la chasse aux oeufs !

Si Pâques est célébrée dans de nombreux pays à travers le monde, tous n’ont pas la même manière de mener les festivités. De l’Écosse à l’Argentine, il existe de nombreuses coutumes et traditions différentes allant des processions aux chants en passant par des batailles d’eau ! Chacun célèbre les fêtes pascales à sa manière en fonction de son rapport à l’histoire du pays et de l’importance religieuse de cet événement.

L’ŒUF

La France n’est pas le seul pays à avoir fait de l’œuf en chocolat la star de Pâques, d’autres pays ont adopté des traditions plaçant les poules, poussins et œufs au centre de leurs célébrations. C’est le cas en Bulgarie et en Roumanie où les batailles d’œufs apportent de la chance toute l’année à celui qui en ressort vainqueur. En Suisse, on entrechoque les œufs : chaque participant en possède un et doit le cogner sur celui de son camarade. L’œuf qui sort indemne de la rencontre fait gagner son propriétaire. En Angleterre, les œufs décorés sont utilisés lors d’un évènement qui enchante les plus jeunes : le roulement des œufs de Pâques. Si le déroulement du rituel varie d’une région à l’autre, on peut habituellement observer des enfants faire rouler des œufs cuits du haut d’une colline. Cette tradition date d’avant l’arrivée du Christianisme dans les foyers britanniques et aurait subsisté grâce au pape Grégoire le Grand. Aujourd’hui encore, l’évènement est organisé à travers le pays et regroupe de nombreuses personnes y compris aux États-Unis où la tradition fut importée par les colons.

LE FEU

En Ecosse, la tradition diffère et veut que l’on allume des feux de Pâques sur les Hautes Terres (ou High Lands), ces magnifiques collines propres aux paysages du pays. Le feu est aussi au centre des célébrations suédoises : au printemps et le jeudi précédant Pâques, les enfants se déguisent en sorcières et sorciers. Ils descendent dans les rues, toquent aux portes et réclament leurs bonbons : ici, pas de sort jeté car en échange des friandises, les petites têtes blondes offrent des branches de saule décorées par leurs soins et des dessins. Le dimanche de Pâques, de grands feux sont allumés pour repousser les sorcières en dehors des villages.

L’EAU

  

En Pologne, le lundi de Pâques est connu sous le nom de « Śmigus dyngus » ou “lany poniedzialek ” (lundi mouillé); c’est le jour où l’on oublie les bonnes manières et les règles de bonne conduite. Les gens s’aspergent d’eau. L’eau est un symbole de la vie. Famille et amis se versent de l’eau les uns sur les autres. Autrefois les hommes jetaient de l’eau sur les femmes; le mardi elles pouvaient prendre leur revanche. Ce jour-là, les Polonais aspergeaient aussi les champs d’eau bénite. Le mot smigus signifie “lacérer les jambes avec des branches de chatons” cela devait apporter du bonheur en aspergeant également d’eau. Celui qui voulait éviter ” l’inondation ” chez lui pouvait faire un don c’est-à-dire ” dyngus ” le plus souvent c’étaient des œufs. Ainsi des groupes de jeunes allaient d’une maison à l’autre et ramassaient des œufs pour donner ensuite aux pauvres. Gare à ceux qui ne voulaient rien donner : inondation garantie. Aujourd’hui Smigus Dyngus a surtout comme signification, le lundi mouillé !
Mais l’eau et les œufs ont quand même une signification symbolique. L’eau enlève le péché et les œufs symbolisent la vie et le renouveau – la joie du retour du printemps.
Dans ce pays tout comme en Russie, la décoration des œufs de Pâques est considérée comme un art.

 

LES PROCESSIONS

  

Venues d’Espagne et du Portugal, les célébrations catholiques d’Amérique Latine mêlent la religion à la culture populaire : de grandes processions sont organisées. Bien évidement, les festivités varient d’un pays à l’autre ; au Pérou, au Chili et au Venezuela, la tradition veut que chaque famille ou ville désigne un judas. Cet ennemi est alors recréé en statue de carton avant d’être brûlé sur la place publique pour conjurer le sort.

En Colombie, des cortèges traversent presque tout le pays et sont richement décorés selon des techniques particulières. Pour le peuple, il s’agit d’exprimer visuellement sa ferveur religieuse et participer à la construction ou au transport du char relève du véritable honneur. La ville de Popayàn met en place d’impressionnantes processions et l’évènement a même été déclaré comme Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité par l’UNESCO en 2009.

Le Brésil célèbre aussi les fêtes en grandes pompes : musique et danses sont au programme, au même titre que les défilés de rues. Dans les Philippines, les petites filles sont déguisées en anges et suivent une procession organisée selon des règles strictes : les hommes se rassemblent pour marcher derrière l’image du Christ et les femmes parcourent les rues derrière l’image d’une Vierge Marie voilée de noir. Les deux groupes se retrouvent devant l’église pour symboliser les retrouvailles entre Jésus et sa mère. Les petits anges sont alors chargés de retirer le sombre voile du visage de Marie et transforment ainsi la procession en une immense et joyeuse fête.

LES DIABLES DU SALVADOR

Au Salvadore, Pâques est célébrée selon des traditions héritées à la fois du Christianisme et des rites indigènes. Les rues des villes sont parcourues par des hommes déguisés en diables que l’on appelle des « Talcigüines », chargés de fouetter ceux et celles souhaitant participer à l’évènement. Derrière cette célébration se cache une signification simple : celle de la lutte du bien contre le mal, de Jésus contre le Diable. A la fin du rituel, les diables s’écroulent sur le sol, capitulant face à Jésus.

Il existe de nombreuses coutumes à travers le monde pour célébrer Pâques. Si celles citées ci-dessus sont souvent liées à la religion catholique, d’autres profitent de cette période de l’année pour fêter le retour des beaux jours, la renaissance, le retour de la lumière et surtout le printemps. En fonction des religions et des coutumes, les traditions varient de pays en pays : qu’il s’agisse d’un événement avant tout familial ou religieux, à l’échelle d’une commune où d’un pays, le mois d’avril reste pour beaucoup une période de fête et de joie.

Joyeuses Pâques à tous !

“Pâques est censé être un symbole d’espoir, de renouveau et de vie nouvelle.”
Janine di Giovanni

Poème de Pablo Neruda

Il meurt lentement

Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.

Il meurt lentement celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement celui qui devient esclave de l’habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements
ou qui ne parle jamais à un inconnu.

Il meurt lentement celui qui évite la passion et son tourbillon d’émotions,
celles qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les cœurs blessés.

Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap lorsqu’il est malheureux au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n’a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!
Risque toi aujourd’hui !
Agis tout de suite !
Ne te laisse pas mourir lentement !
Ne te prive pas d’être heureux !

 

L’école d’Ailleurs

L’école d’Ailleurs
A l’école d’Ailleurs, ils ont entre 9 et 14 ans, vivent au Népal, en Inde, au Mali ou bien au Kirghizistan, Malaisie etc. Leur point commun ? Une envie dévorante d’aller à l’école, même si pour cela ils doivent marcher, pédaler ou pagayer durant des heures. Voici en quelques clichés le quotidien, les rêves et les espoirs d’élèves qui bataillent aux quatre coins du monde pour ne jamais rater une seule journée d’école.
Distance de l’école : 5 km.
Temps de marche : 2h30.

Pour se rendre à l’école, ces trois jeunes filles doivent traverser un énorme bras de mer. Il y a beaucoup de courant et parfois des serpents qu’elles ont dû mal à apercevoir dans l’eau trouble. C’est une véritable épreuve car en Inde, les filles n’apprennent pas à nager…

Distance de l’école : 4 km.
Durée du trajet : 1h à pied.
Ces enfants, tous en uniforme, empruntent chaque jour un des trois mille ponts suspendus, situés à 30 mètres du sol et construits pour faciliter les déplacements. Ils ne sont pas tous en très bon état, ça bouge, il y a des trous et des planches disjointes. Au Népal, une femme sur deux ne sait ni lire ni écrire.
Distance de l’école : 13 km.
Durée du trajet : 2h l’été, 3h30 l’hiver.
Sans cheval, ce jeune garçon ne peut aller à l’école. Il vit avec ses parents dans un parc naturel totalement isolé. Même par moins 50 degrés, il affronte  la neige et une rivière gelée pour se rendre en cours. Il est déterminé car son rêve est de devenir informaticien. Pour traverser la rivière gelée il doit descendre de son cheval et vérifier si la glace supporte son poids et celui de sa monture. C’est un vrai danger et ce n’est pas le seul : le petit Kirghize est aussi terrifié par les loups…

Et encore, ce jeune garçon de 11 ans, qui parcourt en Inde et chaque jour, huit kilomètres alors même qu’il n’a pas l’usage de ses jambes ; ses deux jeunes frères poussant ainsi jusqu’à l’école son fauteuil roulant bricolé…

Deux enfants, frère et soeur vivent au Kenya et parcourent matin et soir 15 km au milieu de la savane et des animaux sauvages…
Et tellement d’autres…
C’est sur un cheval que ce jeune garçon de 11 ans, traverse les plaines de Patagonie sur plus de 18 km. Emmenant sa petite sœur avec lui, il accomplit cet exploit deux fois par jour, quel que soit le temps…
Pili – Chine Des enfants et des adultes empruntent un chemin de près de 200 km à travers les montagnes du Xinjiang pour rejoindre un pensionnat à Pili en Chine. Un long et dangereux périple qui inclue la traversée d’une rivière, un pont suspendu en chaines, 4 ponts suspendus en planches.

Ainsi même si la scolarisation gagne du terrain un peu partout, elle est loin d’être encore universelle et neuf enfants sur cent dans le monde ne vont toujours pas à l’école. Dans certains endroits du monde, les écoliers doivent parfois affronter un rude et périlleux trajet pour se rendre sur les bancs de l’école et risquent littéralement leur vie. Au Mali, ainsi que dans d’autres pays, plus de 80% des enfants ne fréquentent pas l’école et, dans le monde, environ 130 millions d’enfants n’y sont jamais allés.

           
De nombreux enfants doivent travailler pour aider leurs parents à subvenir aux besoins de leur famille. Dans plusieurs pays, les filles n’ont pas le droit à l’éducation puisqu’elles doivent s’occuper des tâches ménagères et des jeunes enfants de la famille.
Documents : Livre de Marie-Claire Javoy co-scénariste pour le film de Pascal Plisson, “Sur le chemin de l’école”.
“Il y a sur cette terre des gens qui s’entretuent : c’est pas gai, je sais. Il y a aussi des gens qui s’entrevivent. J’irai les rejoindre.” Jacques Prévert

 

L’école au fil du temps

   
Les débuts de l’école
Le principe de la transmission guidée du savoir par l’école existe depuis très longtemps. Cependant, si la société romaine accorde une grande importance à l’éducation des enfants, elle ne se préoccupe pas de l’enseignement pour tous : seuls accèdent à l’école ceux des familles les plus aisées, principalement les garçons même si les écoles sont mixtes…
Le père de famille décide de faire éduquer ses enfants à domicile par un esclave instruit ou de l’envoyer dans une école tenue par un esclave enseignant. Les enfants âgés de 7 à 12 ans apprennent à lire et à compter. Certains auteurs latins témoignent dans leurs souvenirs d’école de l’inconfort des lieux aux températures parfois glaciales et d’installations précaires. Les manuels scolaires n’existant pas, la pédagogie était fondée sur la répétition des paroles du maître et la mémorisation. Écrire consistait à graver les lettres et les mots sur une tablette de cire à l’aide d’un stylet de bois. Les châtiments corporels infligés aux élèves inattentifs ou indisciplinés, parfois extrêmement violents, étaient quelquefois dénoncés, mais cependant considérés comme un bienfait par la grande majorité des Gallo-Romains.

 

Religion et enseignement
Au Moyen Âge, dans les abbayes, les moines réguliers conservent, reproduisent et transmettent le savoir et les bonnes manières par la copie ou l’enseignement religieux. Certes, Charlemagne avait encouragé la création d’écoles en dehors des monastères pour un petit nombre de clercs destinés à vivre dans les ordres, souvent de jeunes garçons nobles ou issus de milieux modestes espérant de meilleures conditions de vie, recrutés dès l’âge de 7 ans. Mais jamais à cette époque n’a été envisagé l’enseignement pour les enfants de serfs ou de paysans. On apprend à lire et à écrire le latin à l’aide de méthodes pédagogiques similaires à celles de l’époque gallo-romaine : écouter, répéter, apprendre par cœur.

 

Au temps de l’imprimerie
C’est avec le développement de l’imprimerie au XVIe siècle que l’école se généralise comme lieu d’apprentissage et d’éducation. Afin de transmettre à leurs enfants des compétences utiles et plus efficaces que les leurs dans le cadre de la vie sociale ou professionnelle, les riches bourgeois lui accordent de plus en plus d’importance et payent des frais de scolarité. L’instituteur installé à son pupitre, fait réciter les élèves qui passent un par un devant lui car l’enseignement n’est pas encore envisagé de manière collective. Les gravures d’époque montrent des salles où sont réunis une petite vingtaine d’enfants de tous âges, garçons et filles séparés traditionnellement selon la volonté de l’Église. Les garçons, debout, devant une grande table constituée d’une planche posée sur des tréteaux, apprennent la lecture, la grammaire, le latin, le chant et les bonnes manières. Ils écrivent avec une plume d’oie taillée et trempée dans l’encre. Plus loin, quelques fillettes bavardent, jouent : elles ne semblent guère bénéficier de l’attention de l’adulte. Celui-ci tient une verge à la main, l’emploi de celle-ci est encore d’usage. Il faudra attendre le XVIIIème siècle pour que disparaissent les plus durs aspects de la discipline.

 

Une école rurale au XIXème siècle
Portés par les idées des Lumières, les révolutionnaires fondent un Comité d’instruction publique qui, conduit par Nicolas de Condorcet (1743-1794), établit en 1792 un rapport sur l’organisation de l’instruction publique. Mais le plan de Condorcet n’aboutira pas, et il faudra attendre les lois de Jules Ferry en 1882 pour que se mette véritablement en place une école obligatoire, gratuite et laïque. La loi du 28 juin 1833, dite « loi Guizot », faisait alors obligation à toutes les communes, seules ou par regroupements, d’entretenir au moins une école élémentaire.
Cependant, comme sous l’Ancien Régime, l’école est entièrement sous la tutelle de l’Église. L’État intervient peu et laisse le clergé gérer l’enseignement. 75 % des Français vivent à la campagne et les locaux sont vétustes, l’équipement pédagogique rudimentaire : peu de tables, pas de chaise pour tous. Les enfants, tous de condition pauvre et chargés de participer aux activités des champs, pratiquent un absentéisme saisonnier. L’écriture (les plumes d’oie), la lecture (quelques livres), le calcul (sur l’ardoise du mur) et la morale évoquent des apprentissages élémentaires.

 

Obligation, gratuité et laïcité
La loi du 16 juin 1881 fixe la gratuité de l’école primaire et les principaux articles de la loi du 28 mars 1882 précisent la nature des disciplines enseignées (article 1), la durée de la scolarité qui devient obligatoire (article 4), et imposent un jour de la semaine vaqué et destiné à l’instruction religieuse hors de l’école. La neutralité religieuse de l’école est donc explicitement institutionnalisée. Le diplôme du certificat d’études primaires peut être rapproché de l’article 6 de la loi. Remis par l’inspecteur primaire dès l’annonce des résultats de l’examen, il avait été conçu par le législateur comme la preuve d’une scolarité régulière et complète de 6 à 13 ans. Des analyses ont montré que cet examen a longtemps été hors de portée de la majorité des élèves. Même si le taux des lauréats croissait d’année en année, passant de 21 % en 1882, à 34 % en 1905, puis à 48 % en 1935, en dépit des idées aujourd’hui véhiculées, environ 50 % des élèves quittaient l’école sans l’avoir obtenu.
Avant les grandes réformes des années 1960 et 1970, le système scolaire n’est pas défini comme aujourd’hui par « degrés » (école élémentaire, collège, lycée), mais par « ordres » (l’ordre du primaire, l’ordre du secondaire, voire l’ordre du technique). L’école primaire est « l’école du peuple », tandis que le secondaire est l’école des privilégiés (notables, bourgeois). Au même âge, les élèves sont scolarisés soient dans les classes élémentaires des lycées et collèges, soit dans les Ecoles Primaires Supérieures (EPS) et des Cours Complémentaires (CC). On ne peut donc pas parler d’un véritable “système éducatif”, mais de réseaux d’établissements juxtaposés.

 

De 1959 à nos jours : La fin de la dualité primaire-secondaire
Le début de la Ve République est le tournant décisif. Il se résume en trois dates: 1959, 1963 et 1966. La démarche est empirique: on n’applique pas un plan cohérent, on obéit aux situations, en tâtonnant. Une sorte de nécessité interne fait sortir une nouvelle réforme de la réforme précédente. La grande affaire de la Vème République demeure la réalisation de “l’école unique”: le passage d’une école par “ordre”  à une école par “degrés”. Dès le 6 janvier 1959, les enfants devront dorénavant suivre une scolarité jusqu’à l’âge de 16 ans.
               
“Les maîtres d’école sont des jardiniers en intelligences humaines.” Victor Hugo

Poèmes sur l’école

La poésie est abstraite et le poème est concret c’est à dire texte écrit. Si on considère la poésie comme un contenant, le poème quant à lui est le contenu. Si la poésie est une plume, le poème en est l’encre car on ne pourrait parler de poésie sans poème. La poésie est comme un carton contenant des poèmes.

Poème du cartable rêveur

Pendant que tu étais
Sur la plage, cet été,
Ou bien dans la forêt,
As-tu imaginé
Que ton cartable rêvait ?
Il rêvait d’avaler
Des crayons, des cahiers,
Puis d’aller, comme on vole,
Sur le chemin de l’école.

Carl Norac 

 

Le cancre

Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ce qu’il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur.

Jacques Prévert

 

Pavane de la virgule

“Quant à moi !” dit la Virgule,
j’articule et je module ;
Minuscule, mais je régule
Les mots qui s’emportaient !

J’ai la forme d’une Péninsule ;
A mon signe la phrase bascule.
Avec grâce je granule
Le moindre petit opuscule.

Quant au Point !
Cette tête de mule
Qui se prétend mon cousin !

Voyez comme il se coagule,
On dirait une pustule,
Au mieux : un grain de sarrasin.

Andrée Chédid

Le “Pont du 15 août”

15 août : une Fête Religieuse

La notion de “Pont du 15 août” a fini par supplanter le sens de la fête religieuse de l’Assomption. Fête qui est pourtant l’une des plus importantes des églises catholiques et orthodoxes et qui demeure très honorée. Il s’agit de l’Assomption de Marie, c’est à dire sa montée au ciel : corps et âme. Vierge de tout pêché, le corps de Marie ne pouvait pas connaître la dégradation dans la mort.

C’est Louis XIII qui popularise la fête du 15 août en France, en 1638. N’ayant toujours pas d’héritier, il se tourne vers Marie pour lui demander son aide. De fait, il demande à ses sujets d’organiser des processions en l’honneur de la Vierge Marie. Ayant eu un héritier, le futur Louis XIV, l’année d’après, les processions du 15 août devinrent une tradition, encore nombreuses aujourd’hui. À Paris, il s’agit même d’une procession fluviale sur la Seine le 14 août et une procession pédestre, plus traditionnelle, le 15 août.

Le terme d’Assomption n’apparaît qu’en 1950 avec le Pape Pie XII qui rend officiel le dogme de l’Assomption.

15 août : la Fête Nationale

En 1806, Napoléon Bonaparte alors Empereur décrète que le 15 août deviendra la Saint Napoléon. Cette date n’a pas été choisie par hasard. Il s’agit en fait du jour de signature du Concordat de 1801 rétablissant la religion catholique en France et c’est aussi le jour de naissance de Napoléon. Le 15 août deviendra donc entre 1806 et 1813 tout naturellement la Fête Nationale Française. Et ce n’est qu’en 1880 que le 14 juillet deviendra l’actuelle Fête Nationale et que le 15 août sera déclaré jour férié.

Une fête religieuse ou nationale ailleurs

– Religieuse : en Belgique, le 15 août en Outremeuse débute par une procession et trois jours de fêtes. Également, ont lieu des offices et processions aux flambeaux à Banneux et aux sanctuaires de Beauraing. En Espagne, les fêtes se déroulent partout. C’est à Elche où a lieu une Fête particulière très ancienne avec la représentation dans sa basilique du grandiose Mystère d’Elche. Des pèlerinages ont également lieu comme en Pologne, en Croatie etc. Des processions suivies par de grandes foules se tiennent également en Italie, notamment en Calabre et en Sicile, en Amérique latine, aux Philippines et en Afrique.

– Nationale : le 15 août est aussi une date emblématique dans certains pays. Au Congo-Brazzaville, c’est la date de l’indépendance du pays, obtenue en 1960, qui a donc été choisie comme fête nationale. Au Liechtenstein, cette petite principauté située dans les Alpes se souvient ainsi chaque année de l’anniversaire de la naissance du souverain Franz Joseph II, mort en 1989…

N’oubliez pas et souhaitez-leur bonne fête :

Assomption, Marie, Alfred, Alfrèda, Alfrède, Alfret, Alype, Assumpta, Callirrhoé, Macha, Madonna, Mahalia, Maïa, Maïoun, Malik, Malika, Manick, Mari, Maria, Marie-Catherine, Marie-Clémentine, Marie-Françoise, Marie-Jeanne, Mariel, Mariella, Marika, Mariline, Marilise, Marilyse, Marion, Marisa, Marise, Marisette, Maritie, Maritza, Marlyse, Maroussia, Marpessa, Mary, Marylin, Marylise, Maryse, Maryvonne, Masha, May, Maybel, Mayi, Maylis, Mer, Miriam, Miryam, Moriya, Muriel, Myriam, Myriem, Myrna, Myrrha, Pilar, Tarcisius, Tharcissius.

“Tonnerre au mois d’août, abondance de grappes et bon moût.”

L’exclusion des exclus : Billet d’Humeur

Exclusion

Mai en Roussillon chauffe sa mer qui accueillera bientôt la nuée de vacanciers avides de baignades et de bronzage. Mai en Roussillon connaît aussi des nuits froides balayées par la tramontane qui s’est frottée sur les pics encore enneigés. Dans les ruelles étroites de l’ancienne capitale des rois de Majorque, sortis d’une encoignure quelque peu abritée, l’homme et son chien, cherchent dans le ciel clair le premier rayon qui les réchauffera. Un maigre baluchon, peu de monnaie pour un café et un morceau de pain, la bête efflanquée partage avec son maître. Maître, peut-on employer ce terme ? Ces compagnons de misère s’aident par leur présence à supporter la vie que nous leur avons tracée.

Compagnons de misère venus chercher la chaleur, non pas humaine, mais d’un ciel généreux qui ne connaît pas ce mot terrible : exclusion. La grande ville s’émeut de cette migration saisonnière. Elle s’émeut, non pas de la détresse étalée, mais d’une image qui ternit son blason touristique et offusque ses habitants qui butent constamment sur les mendiants de notre époque. Insulte au nom d’une nation classée parmi les plus riches, cette gangrène qui souille les trottoirs, rend mal à l’aise le passant ordinaire et ronge insidieusement une joie de vivre qui nous semble naturelle. Les édiles, devant ce fait, interdisent l’accès de certains périmètres, déclarés zones protégées, à un rebut que nous voulons ignorer. L’homme et son chien refluent vers d’autres périphéries où leur misère moins voyante va se confondant avec les HLM hideux où se forgent des lignées d’exclus, qui un jour partiront avec le compagnon de route, retenu sans serrer par une simple ficelle.

Ainsi, tranquillement, nous pourrons flâner sur les trottoirs dégagés, admirant les belles devantures et ne cherchant plus à éviter la casquette tendue, le carton qui crie la détresse et le regard malgré tout heureux d’un chien qui se blottit sous la caresse affectueuse d’un être humain que nous avons rejeté !

“Ce qu’il y a de scandaleux dans le scandale, c’est qu’on s’y habitue.” Simone de Beauvoir

 

Le Printemps

La date du printemps en France commence le jour de l’équinoxe de printemps vers le 20 mars et se termine le jour du solstice d’été en juin. L’équinoxe désigne ce moment où le soleil est à la verticale de l’équateur. Le jour et la nuit ont alors la même durée. Après l’équinoxe de printemps, les jours sont plus longs dans l’hémisphère nord que dans le sud. C’est l’inverse au moment de l’équinoxe d’automne.

Première saison de l’année, le Printemps est synonyme de renouveau, de renaissance, avec le réveil des végétaux et la floraison des plantes. C’est aussi le retour des oiseaux migrateurs qui ont séjourné dans les pays du Sud pour échapper au froid de l’hiver. Envie de changer les couleurs sombres de ce dernier, optez pour le bleu du printemps avec de nouveaux bijoux…

Printemps de Victor Hugo

Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes
L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers.
Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre,
Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre
A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.

 “L’âme a la couleur du regard. L’âme bleue seule porte en elle du rêve, elle a pris son azur aux flots et à l’espace.” Guy de Maupassant