Le “Black Friday”

Le “Black Friday” est arrivé en France il y a quelques années et ne cesse de se développer. Cette journée dédiée à la consommation, avec des ristournes en cascade, est directement importée des Etats-Unis. Ainsi au lendemain de Thanksgiving, le quatrième vendredi du mois de novembre se transforme en “Black Friday”.

Devant les magasins, la foule se presse, le nez collé aux rideaux de fer. Et quand les rideaux se lèvent, doucement, les premières têtes se baissent pour franchir le dernier obstacle qui va leur permettre d’acheter à prix réduits. En France, on est encore loin de cette folie, mais les offres, plus ou moins fondées, se multiplient. De fait, difficile de faire un pas sans voir le logo “Black Friday” dans une vitrine, ou encore d’échapper aux nombreux SMS qui vantent des réductions toutes soit-disant immanquables. Et pas question de traduire la date en “vendredi noir”. L’esprit de la marque américaine doit rester. Au Québec, on parle toutefois de “vendredi fou” ou “de folie”.

D’où vient le “Black Friday” ?

Les versions divergent, mais la principale version remonte aux années 1960. La fin d’année arrivant, les commerçants américains veulent liquider leurs stocks. Quoi de mieux que le lendemain de Thanksgiving, fête œcuménique qui regroupe tous les membres d’une même famille, pour proposer des ristournes et les inciter à acheter en famille ? Le “Black Friday” voit le jour, “car les commerçants vendaient beaucoup à ce moment de l’année”, explique Jean-Eric Branaa, spécialiste des Etats-Unis. Le reste de l’année, les lignes de comptes étaient dans le rouge. Dans les cahiers écrits à la main, les chiffres sont alors dans cette couleur. Ce vendredi-là, les comptes repassent en positif, et qui dit excédent, dit encre noire”. Une autre version soutient que le “Black Friday” provient des embouteillages monstres déclenchés par Thanksgiving, dans la ville de Philadelphie.

Et aujourd’hui ?

Le “Black Friday” est “la partie la plus visible de la société américaine : consommation et gaspillage”, pour Jean-Eric Branaa. “Cela date des années 1960, de l’essor de la publicité, etc., où les gens se sont mis à acheter tout et n’importe quoi. Les Américains le revendiquent, cela fait partie de leur ADN”, selon l’historien. Aujourd’hui, il existe même des sites où l’on peut comparer Etats par Etats les différentes réductions. Et après le “Black Friday”, suit le “cybermonday”, les soldes sur internet le lundi. Tous les mois aux Etats-Unis, il y une fête de la consommation : la Saint-Valentin, la Saint-Patrick, Halloween, la fête des drapeaux, en sont les principales.

Mais le “Black Friday” fait aussi régulièrement la Une des journaux américains. Chaque année, dans les bousculades, des gens sont blessés et certains y perdent la vie. Ce jour-là, les fusillades sont aussi plus nombreuses. Un site “Black Friday death count” recense dans un décompte macabre le nombre de victimes tous les ans.

“Black Friday” en France, pour ou contre ?

En France, le “Black Friday” est arrivé en 2014. Le phénomène s’est-il pour autant institué ? En 2015 en tout cas, le “Black Friday” a eu lieu, mais suite aux attentats de Paris, les marques ont préféré ne pas l’appeler comme ça. C’est en 2016 que le “Black Friday” a réellement décollé avec cette année des déclinaisons : la semaine du “Black Friday”, le “Black week-end”. Pour beaucoup de distributeurs, cette opération, un mois avant Noël pourrait être la plus grosse part de leur chiffre d’affaire. Des associations s’élèvent contre cette journée, comme l’association Zéro Waste France. Elle a lancé une pétition “Le Black Friday sera sans moi” pour dénoncer l’opération commerciale “parce que nous croyons à d’autres modes de consommation plus responsables, qui protègent nos ressources et évitent la production de déchets : réemploi, location, prêt, occasion, etc”. Dans une tribune publiée par Le Monde, la présidente du réseau, Recyclage Envie, évoque “une fièvre consommatrice devenue insoutenable pour la planète”. Elle prône le recyclage pour le bien-être de notre planète : “une machine à laver reconditionnée, par exemple, peut coûter jusqu’à 60 % moins cher qu’une neuve, alors même qu’elle pourra durer d’autant plus longtemps qu’elle aura été rénovée. “

L’objectif de cette association est de sensibiliser aux alternatives de consommation autour du renouvellement plutôt que de l’achat neuf. Le PDG de Camif soutient cette association : « On veut dire stop au Black Friday, il est ni bon pour l’homme, ni bon pour la planète. On veut illustrer des initiatives, des associations qui sont engagées dans des modèles alternatifs qu’il est absolument nécessaire qu’on adopte si on veut s’en sortir tous ensemble sur Terre. » En réaction au Black Friday, il a décidé de boycotter l’évènement en fermant complètement son site toute la journée. Il ne vendra aucun produit et redirigera les visiteurs vers des alternatives pour consommer mieux. Engagé depuis 2009 dans une consommation responsable, il a « l’impression qu’on est comme sur le Titanic, tout le monde sait qu’on a pris un iceberg, qu’on va couler et on continue à faire la fête. » Pour lui, il y a urgence : « Il faut changer de manière radicale, très rapidement, notre façon de consommer et de produire sinon le réchauffement climatique nous échappe. »

Par opposition au Black Friday, la Féfération Envie a donc décidé de créer le “Green Friday” . Ce  “vendredi Vert” est l’occasion de réinterroger les habitudes d’achat et de montrer qu’il existe d’autres manières de consommer. L’opération permet de bénéficier de nombreuses offres, surprises et conseils en magasin pour tout équipement rénové acheté. Chaque année, Envie offre une seconde vie à plus de 90 000 équipements électroménagers ou multimédias : tri, réparation, nettoyage, test…

Alors, Black Friday ou Green Friday ?

                         

“Nous sommes nos choix.” Jean-Paul Sartre

4 réflexions au sujet de “Le “Black Friday”

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