L’école au fil du temps

   
Les débuts de l’école
Le principe de la transmission guidée du savoir par l’école existe depuis très longtemps. Cependant, si la société romaine accorde une grande importance à l’éducation des enfants, elle ne se préoccupe pas de l’enseignement pour tous : seuls accèdent à l’école ceux des familles les plus aisées, principalement les garçons même si les écoles sont mixtes…
Le père de famille décide de faire éduquer ses enfants à domicile par un esclave instruit ou de l’envoyer dans une école tenue par un esclave enseignant. Les enfants âgés de 7 à 12 ans apprennent à lire et à compter. Certains auteurs latins témoignent dans leurs souvenirs d’école de l’inconfort des lieux aux températures parfois glaciales et d’installations précaires. Les manuels scolaires n’existant pas, la pédagogie était fondée sur la répétition des paroles du maître et la mémorisation. Écrire consistait à graver les lettres et les mots sur une tablette de cire à l’aide d’un stylet de bois. Les châtiments corporels infligés aux élèves inattentifs ou indisciplinés, parfois extrêmement violents, étaient quelquefois dénoncés, mais cependant considérés comme un bienfait par la grande majorité des Gallo-Romains.

 

Religion et enseignement
Au Moyen Âge, dans les abbayes, les moines réguliers conservent, reproduisent et transmettent le savoir et les bonnes manières par la copie ou l’enseignement religieux. Certes, Charlemagne avait encouragé la création d’écoles en dehors des monastères pour un petit nombre de clercs destinés à vivre dans les ordres, souvent de jeunes garçons nobles ou issus de milieux modestes espérant de meilleures conditions de vie, recrutés dès l’âge de 7 ans. Mais jamais à cette époque n’a été envisagé l’enseignement pour les enfants de serfs ou de paysans. On apprend à lire et à écrire le latin à l’aide de méthodes pédagogiques similaires à celles de l’époque gallo-romaine : écouter, répéter, apprendre par cœur.

 

Au temps de l’imprimerie
C’est avec le développement de l’imprimerie au XVIe siècle que l’école se généralise comme lieu d’apprentissage et d’éducation. Afin de transmettre à leurs enfants des compétences utiles et plus efficaces que les leurs dans le cadre de la vie sociale ou professionnelle, les riches bourgeois lui accordent de plus en plus d’importance et payent des frais de scolarité. L’instituteur installé à son pupitre, fait réciter les élèves qui passent un par un devant lui car l’enseignement n’est pas encore envisagé de manière collective. Les gravures d’époque montrent des salles où sont réunis une petite vingtaine d’enfants de tous âges, garçons et filles séparés traditionnellement selon la volonté de l’Église. Les garçons, debout, devant une grande table constituée d’une planche posée sur des tréteaux, apprennent la lecture, la grammaire, le latin, le chant et les bonnes manières. Ils écrivent avec une plume d’oie taillée et trempée dans l’encre. Plus loin, quelques fillettes bavardent, jouent : elles ne semblent guère bénéficier de l’attention de l’adulte. Celui-ci tient une verge à la main, l’emploi de celle-ci est encore d’usage. Il faudra attendre le XVIIIème siècle pour que disparaissent les plus durs aspects de la discipline.

 

Une école rurale au XIXème siècle
Portés par les idées des Lumières, les révolutionnaires fondent un Comité d’instruction publique qui, conduit par Nicolas de Condorcet (1743-1794), établit en 1792 un rapport sur l’organisation de l’instruction publique. Mais le plan de Condorcet n’aboutira pas, et il faudra attendre les lois de Jules Ferry en 1882 pour que se mette véritablement en place une école obligatoire, gratuite et laïque. La loi du 28 juin 1833, dite « loi Guizot », faisait alors obligation à toutes les communes, seules ou par regroupements, d’entretenir au moins une école élémentaire.
Cependant, comme sous l’Ancien Régime, l’école est entièrement sous la tutelle de l’Église. L’État intervient peu et laisse le clergé gérer l’enseignement. 75 % des Français vivent à la campagne et les locaux sont vétustes, l’équipement pédagogique rudimentaire : peu de tables, pas de chaise pour tous. Les enfants, tous de condition pauvre et chargés de participer aux activités des champs, pratiquent un absentéisme saisonnier. L’écriture (les plumes d’oie), la lecture (quelques livres), le calcul (sur l’ardoise du mur) et la morale évoquent des apprentissages élémentaires.

 

Obligation, gratuité et laïcité
La loi du 16 juin 1881 fixe la gratuité de l’école primaire et les principaux articles de la loi du 28 mars 1882 précisent la nature des disciplines enseignées (article 1), la durée de la scolarité qui devient obligatoire (article 4), et imposent un jour de la semaine vaqué et destiné à l’instruction religieuse hors de l’école. La neutralité religieuse de l’école est donc explicitement institutionnalisée. Le diplôme du certificat d’études primaires peut être rapproché de l’article 6 de la loi. Remis par l’inspecteur primaire dès l’annonce des résultats de l’examen, il avait été conçu par le législateur comme la preuve d’une scolarité régulière et complète de 6 à 13 ans. Des analyses ont montré que cet examen a longtemps été hors de portée de la majorité des élèves. Même si le taux des lauréats croissait d’année en année, passant de 21 % en 1882, à 34 % en 1905, puis à 48 % en 1935, en dépit des idées aujourd’hui véhiculées, environ 50 % des élèves quittaient l’école sans l’avoir obtenu.
Avant les grandes réformes des années 1960 et 1970, le système scolaire n’est pas défini comme aujourd’hui par « degrés » (école élémentaire, collège, lycée), mais par « ordres » (l’ordre du primaire, l’ordre du secondaire, voire l’ordre du technique). L’école primaire est « l’école du peuple », tandis que le secondaire est l’école des privilégiés (notables, bourgeois). Au même âge, les élèves sont scolarisés soient dans les classes élémentaires des lycées et collèges, soit dans les Ecoles Primaires Supérieures (EPS) et des Cours Complémentaires (CC). On ne peut donc pas parler d’un véritable “système éducatif”, mais de réseaux d’établissements juxtaposés.

 

De 1959 à nos jours : La fin de la dualité primaire-secondaire
Le début de la Ve République est le tournant décisif. Il se résume en trois dates: 1959, 1963 et 1966. La démarche est empirique: on n’applique pas un plan cohérent, on obéit aux situations, en tâtonnant. Une sorte de nécessité interne fait sortir une nouvelle réforme de la réforme précédente. La grande affaire de la Vème République demeure la réalisation de “l’école unique”: le passage d’une école par “ordre”  à une école par “degrés”. Dès le 6 janvier 1959, les enfants devront dorénavant suivre une scolarité jusqu’à l’âge de 16 ans.
               
“Les maîtres d’école sont des jardiniers en intelligences humaines.” Victor Hugo

12 réflexions au sujet de “L’école au fil du temps

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