Les éléphants

Les éléphants m’ont toujours fascinée : ce sont non seulement les plus grands animaux terrestres, mais ils font aussi partie des animaux les plus intelligents. Symboles de sagesse et de stabilité, de puissance et d’indépendance, ils inspirent incontestablement le respect. Et pourtant, cela ne les empêche pas d’être en danger d’extinction…

L’éléphant, un animal surprenant

Les nombreuses particularités de l’éléphant en font un animal surprenant. Tout d’abord, il y a sa trompe : bien plus qu’un organe nasal, la trompe de l’éléphant lui permet à la fois de respirer, percevoir les odeurs mais aussi la taille et la température des objets, porter de l’eau et de la nourriture à sa bouche, transporter des objets, et enfin, émettre des cris. Sans oublier l’excroissance à l’extrémité de la trompe, grâce à laquelle il peut, malgré son imposante taille et sa lourdeur, effectuer des tâches précises comme décortiquer une cacahuète… La trompe de l’éléphant fusionne donc à elle seule les fonctions de notre nez, notre bouche, nos mains et nos doigts ! Contrairement aux idées reçues, l’éléphant ne boit pas directement par la trompe, il ne s’en sert que pour porter l’eau à sa bouche, ce qui lui évite de se pencher pour boire. Le système est ingénieux, l’éléphant aspire l’eau avec sa trompe et la remplit, avant de la verser progressivement dans sa bouche.

L’éléphant est également connu pour ses défenses. Peu de gens le savent mais ses défenses sont en fait des dents très allongées ! Ces dernières ont plusieurs fonctions, ils peuvent s’en servir comme outil, comme arme de défense ou comme attribut sexuel.

Les oreilles de l’éléphant ont également une fonction improbable, mis à part la fonction de base qui est d’entendre, elles lui permettent de réguler sa température corporelle. Quant à sa peau, elle est épaisse, sèche car dépourvue de glandes sudoripares ou sébacées, et avec une faible densité de poils (qui jouent également un rôle de thermorégulateurs). L’éléphant s’asperge régulièrement d’eau, de poussière ou de boue pour éviter aux parasites d’élire domicile dans les plis de la peau.

L’éléphant dans sa vie quotidienne

Les éléphants vivent dans une société matriarcale. En effet, seules les éléphantes et les jeunes éléphanteaux vivent en troupeaux, les mâles quittant le groupe lorsqu’ils ont atteint la maturité sexuelle vers neuf ans. Les femelles entretiennent des liens familiaux solides tandis que les mâles, plus indépendants, ont tendance à vivre en solitaire, même s’il peut leur arriver de faire alliance avec d’autres jeunes mâles ou avec des groupes d’éléphants informels. Ce n’est que lorsqu’ils sont suffisamment imposants pour pouvoir affronter d’autres mâles, et donc, conquérir des femelles, que les éléphants mâles commencent à se reproduire, c’est-à-dire aux alentours de trente ans. La gestation dure alors de vingt à vingt-deux mois, c’est la plus longue gestation chez les mammifères terrestres. Une éléphante peut mettre bas tous les trois à cinq ans.

Les éléphants sont herbivores et se nourrissent de tous types de végétaux (herbes, plantes, feuilles, racines, fruits, et même écorces et bois). Ce sont des animaux exigeants de fait, dans la quantité l’éléphant nécessite en moyenne entre cent cinquante et deux cent soixante kilos de nourriture quotidienne en fonction de la saison et dans la qualité l’éléphant passe pratiquement toute sa journée, entre seize et vingt heures par jour, à rechercher de la nourriture, n’hésitant pas à parcourir de très longues distances pour trouver les aliments les plus riches. Egalement, l’éléphant adulte boit jusqu’à cent quarante litres d’eau par jour.

Les éléphants communiquent entre eux par barrissement, gloussements ou grondements, mais aussi, comme l’ont révélé de récentes études, par infrasons, qui sont les sons de très basse fréquence (moins de vingt Hz), inaudibles pour l’homme. En effet, ils sont capables de percevoir et d’émettre des infrasons, pour communiquer à une distance de dix kilomètres ! Le mystère du mécanisme employé par les éléphants pour émettre ces infrasons n’a pas encore été entièrement élucidé, mais l’hypothèse la plus probable est qu’ils utilisent des vibrations de leurs cordes vocales et perçoivent ces vibrations par le sol. On dit d’ailleurs des éléphants qu’ils écoutent avec leurs pieds…

Un animal, deux espèces : la différence entre éléphant d’Afrique et éléphant d’Asie

On parle souvent de la différence entre les éléphants d’Afrique et les éléphants d’Asie. Si les deux espèces se ressemblent énormément, il y a en effet quelques astuces qui permettent de les différencier.

Pour commencer, les éléphants d’Asie sont en général plus petits. Par conséquent, c’est l’éléphant d’Afrique qui peut se vanter d’être le plus gros animal terrestre, il peut atteindre jusqu’à sept tonnes quand l’éléphant d’Asie en pèse cinq en moyenne. La forme du bout de la trompe est également différente, en forme d’amande pour l’éléphant d’Afrique et en forme de poire pour l’éléphant d’Asie. Enfin, l’éléphant d’Asie a le dos rond tandis que son cousin a le dos creusé.

Les deux espèces se différencient également par leur statut : le plus menacé est l’éléphant d’Asie dont les trois sous-espèces, l’éléphant de Sumatra, l’éléphant du Sri Lanka et l’éléphant de Bornéo sont classées par l’UICN comme “En danger”. Les deux sous-espèces de l’éléphant d’Afrique sont, elles, classées comme “Vulnérables”, il s’agit de l’éléphant de la savane et l’éléphant de la forêt. Les éléphants d’Afrique sont plus répandus, effectivement on les trouve dans trente sept pays sub-sahariens, quand les éléphants d’Asie sont cantonnés à treize pays d’Asie orientale.

                                           

Les éléphants et les hommes : une relation compliquée 

Malheureusement, la cohabitation entre l’homme et l’éléphant n’est pas facile… Durant des millénaires, l’éléphant a été chassé pour sa viande et pour ses défenses. Les éléphants sont considérés comme une espèce protégée et leur chasse est très réglementée, La “Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction” a interdit le commerce de l’ivoire en 1989 mais cela n’arrête pas le braconnage qui prend de plus en plus d’ampleur chaque année. Les chiffres sont alarmants et s’ils se maintiennent, l’éléphant des forêts africaines risque de disparaître d’Afrique centrale d’ici 2025… et du continent à terme. Les humains sont quasiment les seuls prédateurs de l’éléphant. Outre le braconnage ou la capture d’éléphants pour les dompter, c’est aussi la dégradation de leur habitat naturel qui les a poussés à restreindre considérablement leur zone de répartition, notamment en Asie où la pression industrielle croissante a des effets néfastes sur les populations d’éléphants encore à l’état sauvage.

L’éléphant, un symbole culturel et religieux

Symbole de sagesse dans la culture asiatique, l’éléphant est réputé pour sa mémoire et son intelligence dans la culture occidentale. Nonobstant le fait qu’il vit dans une société matriarcale, il incarne le rôle du patriarche dans la culture africaine…

L’éléphant a également nourri l’imagerie de nombreuses religions : les Chrétiens en font un symbole de piété, les Bouddhistes de puissance mentale, et les Hindous de sagesse, à travers le dieu à tête d’éléphant Ganesh, patron des étudiants.

De nombreux dieux hindous sont également représentés se déplaçant à dos d’éléphant. Dans la culture populaire également, l’éléphant est plus que représenté, que ce soit en politique, en cinéma ou en littérature.

L’éléphant est l’une des espèces animales les plus intelligentes, aux côtés des êtres humains, des dauphins, du corbeau et de certaines espèces de grands singes. Le point commun de toutes ces espèces ? Ils ont réussi le test du miroir de Gallup ! Ce test consiste à marquer le front de l’animal et de voir comment il réagit : s’il tente d’enlever la tache sur lui-même, comme l’éléphant avec sa trompe, c’est la preuve qu’il a reconnu que le miroir lui présentait sa propre image, et qu’il a donc conscience de lui-même. C’est l’un des premiers critères d’intelligence. Les éléphants présentent une grande variété de comportements : ils manifestent du chagrin, se livrent à l’apprentissage, prennent soin du petit d’une autre femelle, imitent, jouent, pratiquent l’art, ont le sens de l’humour, de l’altruisme et de la compassion, utilisent des outils, coopèrent, disposent d’une conscience de soi, d’une prodigieuse mémoire et sans doute, d’un langage.

Regrettons plus encore qu’en dépit de ces découvertes, mais aussi de la connaissance que nous avons des éléphants depuis des millénaires, ceux-ci soient toujours traités par les humains selon quatre catégories :
– en tant que gibier et pourvoyeurs d’ivoire en Afrique,
– en tant que travailleurs forcés en Asie,
– en tant qu’esclaves danseurs pour les cirques,
– en tant qu’attractions-phares pour les zoos.

On les massacre, on les enferme, on les déplace, on les dresse, on les frappe, on les punit, on les torture, sans tenir aucun compte de ce qu’ils sont des êtres à part entière disposant, selon toute évidence, d’une sagesse qui nous fait défaut.

Dès l’Antiquité, Aristote affirmait déjà :

«Les éléphants surpassent tous les autres animaux en sagesse et en intelligence »

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